L’une des questions que nous nous posons souvent est de savoir si nous devrions employer des personnes en situation de handicap. Plus rarement, nous nous demandons ce que nous gagnons lorsque nous le faisons correctement.
D’après mon expérience, employer des personnes en situation de handicap ne signifie pas seulement remplir une obligation légale, cela apporte aussi un véritable changement de culture. Cela nous apprend à communiquer plus clairement, à faire preuve de plus de patience, à établir des accords plus précis, à moins supposer et à davantage vérifier.
L’environnement de travail devient plus humain, non seulement pour les personnes en situation de handicap, mais pour tous les employés. Une organisation cesse d’être un lieu où l’on produit seulement et devient un lieu où les personnes apprennent à travailler ensemble, malgré les différences.
Lorsque nous parlons de handicap, nous pensons le plus souvent à ce qui est visible, au déplacement à l’aide d’équipements d’assistance, à une déficience visuelle ou auditive. Ce sont des réalités que nous reconnaissons facilement, mais il existe aussi des difficultés invisibles.
Parfois, le défi réside dans un traitement plus lent de l’information. Parfois, il faut davantage de répétitions, des consignes plus claires ou plus de temps pour qu’une tâche soit comprise et réalisée. Dans la production, où le rythme et la performance sont mesurés, ces différences peuvent facilement être mal interprétées comme de la négligence ou un manque d’intérêt. Souvent, la personne elle-même n’a pas une perception claire du fait qu’il s’agit d’une question de capacité, seulement le sentiment d’avoir besoin de plus de temps, que quelque chose est plus difficile pour elle que pour les autres, ou qu’elle est ainsi depuis l’enfance.
C’est pourquoi l’inclusion ne commence pas seulement par une rampe à l’entrée. Elle commence par la compréhension, la patience et la manière dont nous communiquons. La véritable inclusion ne consiste pas à ce que tout le monde fasse la même chose, mais à ce que chacun ait la possibilité de faire de son mieux.
Une telle confirmation se produit lorsqu’une personne en situation de handicap ose aller dans un autre environnement de travail… puis revient après un mois ou deux. Cette année, nous avons eu deux cas de ce type. Le plus récent m’est particulièrement cher, car il concerne une personne avec une déficience auditive, travailleuse, compétente et orientée vers le travail. Il est revenu, non pas parce qu’il “n’y est pas arrivé là-bas”, mais parce qu’il est reconnu ici.
Ici, les gens savent comment s’adresser à lui, le regarder en face en parlant et qu’un léger toucher sur l’épaule crée une tonalité émotionnelle. Des nuances que d’autres ne remarquent peut-être même pas signifient pour notre collègue sécurité, chaleur et appartenance.
Employer des personnes en situation de handicap n’est pas un acte de bonté ou de pitié. C’est une décision de construire, à long terme, un environnement de travail plus stable, plus mature et plus sain.